Classiques.app

Honoré de Balzac

(1799–1850)

17 œuvres référencées

Né à Tours en 1799, monté à Paris pour y faire fortune, Balzac s'essaie à l'imprimerie et accumule des dettes qui le poursuivront toute sa vie. Forçat de l'écriture, quinze heures par jour dopé au café dans sa robe de chambre de moine, il produit en vingt ans plus de quatre-vingt-dix romans et nouvelles. Il épouse Ève Hanska en mars 1850, après dix-sept ans de correspondance amoureuse, et meurt cinq mois plus tard à Paris, épuisé.

Balzac est l'inventeur d'un monde total. Avec « La Comédie humaine », il forme le projet insensé de « faire concurrence à l'état civil » : près de deux mille cinq cents personnages, dont beaucoup, comme Rastignac, Vautrin ou Nucingen, reviennent de roman en roman, pour peindre la société française tout entière, de la pension bourgeoise au bagne, de la banque aux salons du faubourg Saint-Germain.

Il est aussi le premier à faire de l'argent le grand moteur romanesque. Là où ses prédécesseurs racontaient des passions, Balzac raconte des dettes, des héritages, des spéculations, des ascensions et des faillites : il comprend avant tout le monde que dans la société née de la Révolution, c'est l'argent qui écrit les destins. Le réalisme moderne naît là. Sans lui, ni Flaubert, ni Zola, ni Proust.

Le lire aujourd'hui, c'est constater que rien n'a vieilli. L'arriviste qui monte à la capitale, le journalisme vénal, la bulle spéculative, le génie broyé par le besoin d'argent : tout y est déjà, disséqué avec une lucidité féroce et une énergie de conteur qui emporte le lecteur. Commencez par « Le Père Goriot », la porte d'entrée idéale, puis « Illusions perdues », son chef-d'œuvre.

Bibliographie