Acte II
Scène Première
Le Barbier de Séville, Beaumarchais (1775)·Texte intégral, scène 7 sur 40·Livre complet →
ROSINE, seule, un bougeoir à la main. Elle prend du papier sur la table et se met à écrire.
Marceline est malade ; tous les gens sont occupés, et personne ne me voit écrire. Je ne sais si ces murs ont des yeux et des oreilles, ou si mon Argus a un génie malfaisant qui l’instruit à point nommé ; mais je ne puis dire un mot, ni faire un pas, dont il ne devine sur-le-champ l’intention… Ah Lindor ! (Elle cachète la lettre.) Fermons toujours ma lettre, quoique que j’ignore quand et comment je pourrai la lui faire tenir. Je l’ai vu à travers ma jalousie parler longtemps au barbier Figaro. C’est un bon homme qui m’a montré quelquefois de la pitié. Si je pouvais l’entretenir un moment !