François-René de Chateaubriand · 1802
1La lettre dont il s’agit ici avait été publiée dans le Journal des Débats et dans le Publiciste (1800), et reproduite en tête de la première édition d’Atala ; la voici : « Citoyen, Dans mon ouvrage sur le Génie du Christianisme, ou les Beautés de la religion chrétienne, il se trouve une partie entière consacrée à la poétique du Christianisme. Cette partie se divise en quatre livres : poésie, beaux-arts, littérature, harmonies de la religion avec les scènes de la nature et les passions du cœur humain. Dans ce livre, j’examine plusieurs sujets qui n’ont pu entrer dans les précédents, tels que les effets des ruines gothiques comparées aux autres sortes de ruines, les sites des monastères dans la solitude etc. Ce livre est terminé par une anecdote extraite de mes Voyages en Amérique et écrite sous les huttes mêmes des Sauvages ; elle est intitulée Atala, etc. Quelques épreuves de cette petite histoire s’étant trouvées égarées, pour prévenir un accident qui me causerait un tort infini, je me vois obligé de l’imprimer à part, avant mon grand ouvrage. Si vous vouliez, citoyen, me faire le plaisir de publier ma lettre, vous me rendriez un important service. J’ai l’honneur d’être, etc. »
2M. Mackenzie a depuis exécuté une partie de ce plan.
3Nous avions été tous deux cinq jours sans nourriture. Tandis que ma famille était ainsi massacrée, emprisonnée et bannie, une de mes sœurs, qui devait sa liberté à la mort de son mari, se trouvait à Fougères, petite ville de Bretagne. L’armée royaliste arrive ; huit cents hommes de l’armée républicaine sont pris et condamnés à être fusillés. Ma sœur se jette aux pieds de M. de La Rochejaquelein, et obtient la grâce des prisonniers. Aussitôt elle vole à Rennes, se présente au tribunal révolutionnaire avec les certificats qui prouvent qu’elle a sauvé la vie à huit cents hommes, et demande pour seule récompense qu’on mette ses sœurs en liberté. Le président du tribunal lui répond : Il faut que tu sois une coquine de royaliste, que je ferai guillotiner, puisque les brigands ont tant de déférence pour toi. D’ailleurs, la République ne te sait aucun gré de ce que tu as fait : elle n’a que trop de défenseurs, et elle manque de pain. Voilà les hommes dont Buonaparte a délivré la France !
4Voyez la Préface des Natchez.
5Je suis obligé d’avertir que si je me sers ici du mot de poème, c’est faute de savoir comment me faire entendre autrement. Je ne suis point de ceux qui confondent la prose et les vers. Le poète, quoi qu’on en dise, est toujours l’homme par excellence, et des volumes entiers de prose descriptive ne valent pas cinquante beaux vers d’Homère, de Virgile ou de Racine.
6Voyez cette lettre à la fin du Génie du Christianisme. qui a fait attention à une chose de si peu de valeur, j’ai pensé que cela pouvait venir du titre de mon grand ouvrage : Génie du Christianisme, etc. On s’est peut-être figuré qu’il s’agissait d’une affaire de parti, et que je dirais dans ce livre beaucoup de mal de la révolution et des philosophes.
7Madame de Staël. quand on a l’existence brillante et les talents de Mme de Staël, on doit oublier facilement les petites blessures que nous peut faire un solitaire et un homme aussi ignoré que je le suis.
8Décade philosophique, no 22, dans une note.
12Il s’agit ici des Philosophes uniquement.
9M. de Fontanes.
10M. Ginguené. (Décad. philosoph.)
11Défense du Génie du Christianisme.
13Sen. in Atr. et Th. Voyez aussi Canacé et Macarcus, et Caune et Byblis dans les Métamorphoses et dans les Héroïdes d’Ovide. J’ai rejeté comme trop abominable le sujet de Myrra, qu’on retrouve encore dans celui de Lot et de ses filles.
14Reg., 13, 14.
15Dans l’Abufar de M. Ducis.
16C’est le Chevalier des Landes : Malheureux chevalier, etc. Il ne faut pas perdre de vue qu’Amélie meurt heureuse et guérie, et que René finit misérablement. Ainsi le vrai coupable est puni, tandis que sa trop faible victime, remettant son âme blessée entre les mains de celui qui retourne le malade sur sa couche, sent renaître une joie ineffable du fond même des tristesses de son cœur. Au reste, le discours du père Souël ne laisse aucun doute sur le but et les moralités religieuses de l’histoire de René. »
17Vrai nom du Mississippi ou Meschassipi.
18La voix harmonieuse.
19Vieillards ou conseillers.
20Mois de mai.
21Neige pour année ; 73 ans.
22Dieu de la guerre.
23Les enfers.
24Sorte de pâte de maïs.
25Sorte de coquillage.
26Instrument de musique des Sauvages.
27La hache.
28La rougeur est sensible chez les jeunes sauvages.
29De l’eau-de-vie.
30Le nord.
31Chaussure indienne.
32Mois de juillet.
33Le père Aubry avait fait comme les Jésuites à la Chine, qui permettaient aux Chinois d’enterrer leurs parents dans leurs jardins, selon leur ancienne coutume.
34Les Iroquois.
1Colonie française aux Natchez.
2À Londres, derrière White-Hall, la statue de Charles II. les uns purent à peine me le dire, les autres ignoraient la catastrophe qu’il retraçait. Rien ne m’a plus donné la juste mesure des événements de la vie et du peu que nous sommes. Que sont devenus ces personnages qui firent tant de bruit ? Le temps a fait un pas, et la face de la terre a été renouvelée.
3Louis XIV.