Acte II
Scène IV
Le Malade imaginaire, Molière (1673)·Texte intégral, scène 11 sur 30·Livre complet →
Toinette, Cléante, Angélique, Argan
Toinette, par dérision.
Ma foi, Monsieur, je suis pour vous maintenant, et je me dédis de tout ce que je disois hier. Voici Monsieur Diafoirus le père, et Monsieur Diafoirus le fils, qui viennent vous rendre visite. Que vous serez bien engendré ! Vous allez voir le garçon le mieux fait du monde, et le plus spirituel. Il n’a dit que deux mots, qui m’ont ravie, et votre fille va être charmée de lui.
Argan, à Cléante, qui feint de vouloir s’en aller.
Ne vous en allez point, Monsieur. C’est que je marie ma fille ; et voilà qu’on lui amène son prétendu mari, qu’elle n’a point encore vu.
Cléante
C’est m’honorer beaucoup, Monsieur, de vouloir que je sois témoin d’une entrevue si agréable.
Argan
C’est le fils d’un habile médecin, et le mariage se fera dans quatre jours.
Cléante
Fort bien.
Argan
Mandez-le un peu à son maître de musique, afin qu’il se trouve à la noce.
Cléante
Je n’y manquerai pas.
Argan
Je vous y prie aussi.
Cléante
Vous me faites beaucoup d’honneur.
Toinette
Allons, qu’on se range, les voici.