Montesquieu · 1721
1Fatime, fille de Mahomet, femme d’Ali, est honorée à Com, ou Koum, ville de Perse, à cinquante lieues d’Ispahan. Sa mosquée est magnifique ; son tombeau, entouré de marches d’argent massif, est élevé de douze pieds et couvert d’un drap de velours blanc. Les fidèles l’appellent dans leurs litanies : Vierge très-pure, très-juste et immaculée, mère des douze vrais vicaires de Dieu, d’illustre naissance. Le peuple croit que Dieu enleva Fatime au ciel, que son tombeau ne renferme rien et n’est qu’un monument élevé par la piété des fidèles. V. Bayle, au mot Fatime. La lune de saphar est le deuxième mois de l’année musulmane. En 1711, c’est-à-dire en l’année de l’hégire 1123, ce mois répondait à notre mois de février.
12 Sérail, et mieux séraï, signifie palais, et n’est point synonyme du mot harem, qui désigne le lieu où les femmes sont enfermées. Les éditions du dernier siècle écrivent toujours serrail. Inf., lettre XLVII.
1Le mois de moharrem est le premier de l’année musulmane. La lettre de Zachi a donc été écrite un mois environ avant les deux lettres précédentes.
1Erzeroum, ville de la Turquie d’Asie (Arménie)
1Il y a deux mois du nom de rébi (rébi 1 et rébi 2), qui viennent au troisième et au quatrième rang dans l’année musulmane.
12 On sait quelle est la haine des Persans, sectateurs d’Ali, contre les Turcs (Osmanlins, ou Osmalins, comme les nomme Montesquieu), qui reconnaissent la légitimité des trois premiers califes. Esprit des lois, XVI, 13.
1Les femmes persanes sont beaucoup plus étroitement gardées que les femmes turques et les femmes indiennes. (M.)
1Il y a deux gemmadi, ou djoumada, qui sont les cinquième et sixième mois de l’année musulmane.
1Revers dans le sens de retour ou de revanche est une expression particulière à Montesquieu.
1Mollaks ou mollas, personnages religieux chez les Persans. En Turquie le molla est un juge.
12 Gasconisme. Nous dirions : pour user de la mienne. Dans l’Introduction, Montesquieu emploie également le mot essayer dans le sens d’user : On les peut faire (ces réflexions) sans essayer beaucoup son esprit. Hérodote, IV, 133. Plutarque, Vie de MarcAntoine, dit qu’il y a en Afrique plusieurs peuples de ce nom. Suivant Pomponius Mela, I, ils habitaient l’Éthiopie, vivaient dans des cavernes (c’est ce que signifie leur nom), se nourrissaient de viandes crues, ne possédaient rien, et sifflaient plutôt qu’ils ne parlaient.
1Dans cette peinture des Troglodytes, on voit le germe des idées qu’on retrouvera dans l’Esprit des lois. C’est une illusion constante chez Montesquieu que le partage des terres, en créant la richesse et l’inégalité, a chassé la vertu de la terre. C’est une de ses idées favorites que la vertu n’existe que dans la république, et que la monarchie a été inventée pour que les hommes puissent être riches et ambitieux impunément. (Esprit des lois, III, 3-7 ; IV, 2-5.)
1Les trois tombeaux sont ceux de Fatime et de deux saints personnages de sa famille.
2Zufagar ou Zoulfekar est un sabre à deux lames qu’Ali reçut de Mahomet. Il fut religieusement conservé dans la maison des califes jusqu’au moment où un des descendants d’Abdoullah II le brisa à la chasse. Il est encore représenté aujourd’hui sur les pavillons de la marine ottomane. (Note de l’édition Dalibon. Paris. 1820.)
3Les douze premiers successeurs de Mahomet sont considérés comme des saints imans ou prophètes. Treizième iman est un compliment comme serait le nom de treizième apôtre.
4Pour les musulmans, le jour commence au moment où l’on peut distinguer un fil blanc d’un fil noir.
1Esprit des lois, XXIV, 25.
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3Cha’ban, huitième mois de l’année. Ce mot est plus en usage chez les Turcs que chez les Persans. (M.) On écrit aujourd’hui iman ; c’est le chef de la mosquée. Tradition mahométane. (M.)
12 Grandeur et décadence des Romains, ch. XXIII. C’est-à-dire les nouvelles inventions des nations d’Europe. 4 Ce sont, apparemment, les chevaliers de Malte. (M.) Neuvième mois de l’année ; carême des musulmans.
12 Esprit des lois, XVI, 10. Zoulcadé, onzième mois de l’année musulmane.
1Les Persanes en ont quatre. (M.)
12 Louis XIV. Dans l’ancien régime, on empruntait en créant des charges, auxquelles on attribuait des gages ; elles emportaient des exemptions d’impôt. et au besoin même conféraient la noblesse. On connaît le mot d’un ministre à Louis XIV, que ces créations multipliées effrayaient : Que Votre Majesté se rassure : chaque fois qu’elle crée une charge, Dieu crée un sot pour l’acheter. Les sots calculaient ; ils trouvaient le moyen de se payer de leurs déboursés, et de satisfaire leur vanité aux dépens du public. 4
5Nos rois croyaient qu’il leur appartenait de régler le cours des monnaies ; ils considéraient la monnaie non pas comme une valeur fixe et proportionnelle au métal, mais comme un simple signe de valeurs, qu’on pouvait élever ou baisser à la volonté du prince. V. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 280, 285, 316, 357, 359, 457 ; t. IV, p. 10. La Rochefoucauld a pu dire : « Les rois font des hommes comme des pièces de monnaie ; ils les font valoir ce qu’ils veulent, et l’on est forcé de les recevoir selon leur cours, et non pas selon leur véritable prix. » (Éd. de 1665, max. 165.) Allusion au prétendu privilége de guérir les écrouelles en les touchant, privilége que s’attribuaient les rois de France et les rois d’Angleterre. Je ne connais pas de bulle, ou constitution, rendue contre les jansénistes en 1710, c’està-dire deux ans avant la lettre de Rica à Ibben. La bulle Vineam Domini Sabaoth, du pape Clément XI, est du 15 juillet 7
89 1707. Une seconde bulle, lancée en 1713, la bulle Unigenitus, ajouta aux rigueurs de la première. C’est elle qui, sous le nom de Constitution, troubla la France durant la plus grande partie du XVIIIe siècle. Mais cette constitution est d’un an postérieure à la lettre de Rica. Il me parait probable que Montesquieu, écrivant en 1721, s’est trompé sur la date de la bulle Unigenitus, et que c’est à elle qu’il fait allusion. Louis XIV se soumit avec d’autant plus de facilité que c’est lui qui sollicitait l’intervention du pape pour en finir avec ces querelles théologiques, qui l’importunaient. La Bible. Les jansénistes. Les jésuites.
1Ispahan. (M.)
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34 La Comédie-Française. Dufresny, Amusements sérieux et comiques, ch. V. « Entrons vite, et plaçons-nous sur le théâtre. ― Sur le théâtre ! repartit mon Siamois, vous vous moquez ; ce n’est pas nous qui devons nous donner en spectacle, nous venons pour le voir. ― N’importe, lui dis-je, allons nous y étaler ; on n’y voit rien ; on y entend mal ; mais c’est la place la plus chère et par conséquent la plus honorable. » Le parterre. Les petits-maîtres. 6 Le foyer. Chaval, ou cheoual, dixième mois de l’année musulmane.
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3C’est ainsi que les Persans de Montesquieu appellent les moines et particulièrement les jésuites. C’est le carême. C’est-à-dire alléguer quelque subtilité scolastique. Voir à ce sujet les Lettres provinciales de Pascal. 5
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8Un chapelet. Un scapulaire. En pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. Il faut joindre à cette lettre la très-humble remontrance aux inquisiteurs d’Espagne et de Portugal (Esprit des lois, XXV, 13), chef-d’œuvre d’ironie et de vertueuse indignation. Voyez aussi Esprit des lois, XXVI, 11 et 12. Les Persans sont les plus tolérants de tous les mahométans. (M.)
1Inf., lettre LXXV.
1L’hospice des Quinze-Vingts, fondé à Paris, en 1254, par saint Louis, à son retour de Palestine, pour trois cents chevaliers à qui les Sarrasins avaient crevé les yeux.
12 Le café. Physicien est pris ici dans le sens de médecin, sens qu’il a gardé en anglais.
1Zoul-hidjé, douzième et dernier mois de l’année musulmane.
12 Expression d’un psaume appliquée au Messie. Le livre auquel Usbek fait allusion est intitulé Polygamia triumphatrix, id est discursus politicus de polygamia, auctore Theophilo Aletheo, cum notis Athanasii Vincentii, omnibus anti-polygamis, ubique locorum, terrarum, insularum, pagorum, urbium, modeste et pie opposita. Lundini Scanorum, sumptibus auctoris, post annum 1682, in-4°. Quoique le titre porte pour lieu d’impression Lund, ville de Suède, l’ouvrage a été certainement imprimé en Hollande, et suivant toute apparence à Amsterdam. L’auteur y soutient en quatre-vingt-dix thèses, défendues à la façon scolastique, la légitimité et la sainteté de la polygamie, dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Le commentaire alourdit singulièrement ce paradoxe, déjà insoutenable par lui-même ; le tout remplit un volume qui n’a pas moins de 564 pages. L’auteur est John Lyser ; le nom du commentateur est inconnu. On a prononcé celui de Puffendorf ; mais la chose est peu probable. Puffendorf avait plus d’esprit. Sur le livre et l’auteur, qui ne méritaient pas la célébrité que leur donne Montesquieu, on peut voir Bayle, Dictionn., art. Jean Lyser, et Œuvres, t. I, p. 256 ; Niceron, Mémoires, t. XXXIX, p. 386 et suiv. ; Brucker, Hist. phil., V, p.768 ; VI, p. 336.
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5Le café Procope, rendez-vous des beaux esprits au XVIIIe siècle. La querelle des anciens et des modernes. Homère était le grand objet de cette dispute où figuraient Boileau, Perrault, Lamotte et Mme Dacier. Le latin scolastique. La Sorbonne et l’Université. Les Hibernais ou Irlandais.
12 Louis XIV. Il avait alors soixante-quinze ans, et régnait depuis soixante-dix ans. Des courtisans s’entretenaient devant Louis XIV, qui n’avait alors que quinze ans, du pouvoir absolu des sultans, qui disposent des biens et de la vie de leurs sujets : «Voilà, dit le jeune roi, ce qui s’appelle régner. » Le maréchal d’Estrées, effrayé des dispositions 4
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78 que promettait un semblable aveu, repartit : « Mais, sire, deux ou trois de ces empereurs ont été étranglés de mon temps. » (Note de l’édition Dalibon, Paris, 1826.) Quel est ce ministre ? Barbézieux, fils de Louvois, que citent les commentateurs, était ministre à vingt-trois ans, et non à dix huit. De plus, il était mort en 1713. Mme de Maintenon, que Louis XIV avait épousée secrètement. Les jansénistes. A Versailles. Le shah de Perse. On a reproché à Montesquieu sa sévérité pour Louis XIV : les hommes du XVIIIe siècle étaient plus indulgents pour le grand roi ; on n’a qu’à lire Voltaire sur ce point ; mais Montesquieu avait des idées arrêtées sur ce régne qui éblouissait les contemporains de Louis XV ; on peut rapprocher de cette lettre le portrait de Louis XIV, conservé dans les Pensées diverses de l’auteur. « Louis XIV, ni pacifique, ni guerrier ; il avait les formes de la justice, de la politique, de la dévotion, et l’air d’un grand roi. Doux avec ses domestiques, libéral avec ses courtisans, avide avec ses peuples, inquiet avec ses ennemis, despotique dans sa famille, roi dans sa cour, dur dans ses conseils, enfant dans celui de conscience, dupe de tout ce qui joue le prince : les ministres, les femmes et les dévots. Toujours gouvernant et toujours gouverné, malheureux dans ses choix, aimant les sots, souffrant les talents, craignant l’esprit ; sérieux dans ses amours, et dans son dernier attachement faible à faire pitié. Aucune force d’esprit dans les succès ; de la sécurité dans les revers, du courage dans sa mort. Il aima la gloire et la religion ; et on l’empêcha toute sa vie de connaître ni l’une ni l’autre. Il n’aurait eu presque aucun de ces défauts, s’il avait été un peu mieux élevé, et s’il avait eu un peu plus d’esprit. Il avait l’âme plus grande que l’esprit ; Mme de Maintenon abaissait sans cesse cette âme pour la mettre à son point. »
1Hérodote, IV, 110-147.
12 Hagi est un homme qui a fait le pèlerinage de la Mecque. (M.) Une barrière.
1Le Grand Mogol, souverain des Indes.
1États privilégiés.
12 Je suppose que c’est un gasconisme qu’on peut traduire par : aussi ne déboursa-t-il pas. Nicolas Flamel, bourgeois de Paris (1330-1418), regardé par les envieux de sa fortune comme un alchimiste. Raymond Lulle, savant espagnol (1235-1315), considéré, à tort ou à raison, comme un des alchimistes les plus célèbres.
1On trouvera les mêmes sentiments, exprimés avec non moins de vivacité, dans une lettre adressée par Franklin au célèbre prédicateur Whitefleld, et datée de Philadelphie, 6 juin 1753. A l’époque où écrivait Montesquieu, de pareilles idées 3
4étaient malsonnantes, et accusaient chez l’auteur une grande hardiesse. Un Juif. (M.) Un Turc. (M.) Un Arménien. (M.)
1Courouc (arrière, arrière), est le cri que poussent les eunuques qui accompagnent les litières où sont les femmes. Et c’est à coups de bâton qu’ils écartent les curieux et les indiscrets. V. sup., lettre XXVI.
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3Montesquieu se peint lui-même dans ce passage. Fermier général. C’est-à-dire : il aurait à sa table la meilleure société de Paris. 5 « Poète, mauvais métier, qui fait mourir de faim son maître, ou le fait pendre, » écrit en 1720 l’avocat Mathieu Marais, Journal et Mémoires, t. I, p. 286. La tournure est un peu forcée ; mais elle exprime bien la fatuité du personnage. Dans quelques éditions on a imprimé : la mettre à deux doigts de sa perte ; c’est corriger Montesquieu mal à propos.
12 Un croquis. Ville de Perse, célèbre par son monastère. V. inf., lettre XCIII.
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34 Roi des rois est le titre officiel du roi de Perse. Ces mœurs sont changées. (M.) Cette note n’est pas dans la première édition. Pierre le Grand. V. Esprit des lois, XIX, 14. Perry rapporte, dans son État présent de la Moscovie, que les moines brûlèrent les premières presses qui arrivèrent dans le pays, et s’opposèrent de tout leur pouvoir à l’établissement de l’imprimerie. (Note de l’édition Dalibon, Paris, 1826.)
1La mère de Zélide.
1Plénier n’est guère employé que dans les locutions : cour plénière, indulgence plénière, c’est-à-dire : cour suprême, tribunal 3 souverain, indulgence complète, absolue. Le sens de la phrase est : l’abandon est complet, absolu. C’était une règle de bon ton. La Rochefoucauld, Maxime 364 : « On sait assez qu’il ne faut guère parler de sa femme ; mais on ne sait pas assez qu’on devrait encore moins parler de soi. » Bagdad.
1Honnêtes gens, au XVIIe et au XVIIIe siècle, est synonyme de gens bien nés, gens de bonne société.
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3Cette forme : de mortels, de véniels, est un gasconisme ; il faudrait dire : des péchés mortels, etc., et des péchés véniels, etc. La forme correcte serait : au meilleur marché. Comparez cette lettre aux Lettres provinciales, et vous sentirez bien vite que Pascal est inimitable.
1L’auteur désigne sous ce nom les ecclésiastiques qui courent après les bénéfices. V. sup., lettre XXIX. « Les évêques sont des gens de loi, etc. » N’est-ce pas par confusion avec les mollahs ? V. sup., lettre X. Esprit des lois, XXIX, 4.
1Révocation de l’Édit de Nantes, en 1683.
2Édits de 1051 et de 1679 ; déclaration de 1711, etc. Voyez le Recueil des Duels, Paris, 1679, in-12.
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34 Voltaire, Dictionnaire philosophique, article Juifs, a reproduit cette pensée de Montesquieu, sans le nommer. C’est-à-dire un commencement, une date, avant laquelle le christianisme et le mahométisme n’existaient pas. C’est le même reproche que les catholiques font aux protestants. Allusion à la révocation de l’Édit de Nantes, en 1685. Ahou-bekr, beau-père de Mahomet, fut proclamé calife à la mort du prophète, en 632. Suivant les Persans, cette nomination fut une usurpation sur les droits d’Ali, cousin et gendre de Mahomet.
1C’est-à-dire À ceux dont nous dirigeons la conscience.
1On dirait aujourd’hui pour les boudoirs. Au XVIIIe siècle, c’était dans leurs élégants cabinets de toilette que les dames recevaient des visites. Nous, savons qu’à un moment donné, c’était la mode d’avoir sur sa toilette quelque gros volume de l’Encyclopédie ou les in-quarto dorés de l’abbé Raynal.
1D’ASTARTÉ.
2C’est un Cambyse fabuleux, père d’Hystaspe ou Gustaspe, roi de Perse, sous lequel vivait Zoroastre.
3Tiflis, capitale de la Géorgie.
4Harem.
5C’est l’ancienne ville de Bactres.
6C’est le Cambyse cité dans la note de la page 226.
7Le toman est une monnaie d’or, et vaut vingt-trois francs.
1Livre de compte.
2C’est-à-dire sont des questions de fait.
1Zeuxis lorsqu’il peignit Hélène pour les Agrigentins.
2Bagdad.
1Moïse, Deutéronome, ch. XXII, v. 13-21.
2Sup., lettre I, n. I.
12 Mot inventé par Montesquieu, pour désigner un homme qui tranche sur tout. Tavernier (1605-1689) et Chardin (1643-1713), célèbres voyageurs en Perse, dont les récits se lisent encore avec intérêt aujourd’hui. C’est dans ces deux livres que Montesquieu a pris sa science persane.
1Le Dictionnaire de l’Académie.
2Le Dictionnaire de Furetière, publié en 2 vol. in-folio. L’auteur fut exclu de l’Académie en 1685, parce qu’on l’accusa d’avoir profité du travail de ses confrères pour composer le Dictionnaire universel qui porte son nom.
12 Les colonies. Les mahométans ne se soucient point de prendre Venise, parce qu’ils n’y trouveraient point d’eau pour leurs purifications. (M.)
12 On retrouve cette apologie du suicide dans les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains, ch. XIII, à la fin. Conf. Esprit des lois, XIV, 12. C’est là l’objection véritable. Usbek n’y répond pas. Oui, si Dieu vous a donné la vie, c’est pour en remplir les devoirs et non pour déserter. Dire que, l’âme une fois dégagée du corps, la nouvelle combinaison ne sera pas moins parfaite et moins dépendante des lois générales, c’est une assertion matérialiste qui détruit toute morale. Avec le même raisonnement on justifierait l’assassinat.
1Lettre insérée dans l’édition de 1754, pour corriger ou du moins pour pallier ce qu’il y a d’excessif dans la lettre précédente.
1Mme d’Aulnoy fait le même éloge des lunettes dans son Voyage d’Espagne : « Je demeurai surprise en entrant chez la princesse de Montéléon, de voir plusieurs dames, fort jeunes, avec une grande paire de lunettes sur le nez, attachée aux oreilles ; et ce qui m’étonnait encore davantage, c’est qu’elles ne faisaient rien où des lunettes fussent nécessaires ; elles causaient et ne les ôtaient point... Elles ne les quittent que pour se coucher ; elles mangent avec, et vous rencontrerez dans les rues et dans les compagnies beaucoup de femmes et d’hommes qui ont toujours leurs lunettes. « Il y a quelque temps que les jacobins avaient un procès de la dernière conséquence ; ils en craignaient assez l’événement pour n’y rien négliger. Un jeune père de leur couvent avait des parents de la première qualité qui sollicitèrent à sa prière très-fortement. Le prieur l’avait assuré qu’il n’y avait rien qu’il ne dût se promettre de sa reconnaissance, si par son crédit le procès se gagnait. Enfin le procès se gagne. Le jeune père, transporté de joie, courut lui en dire la nouvelle... Le prieur, après l’avoir embrassé, lui dit d’un ton grave : Hermano, ponga las ojalas : Mon frère, mettez des lunettes. Cette permission combla le jeune moine d’honneur et de joie ; il se trouva trop bien payé de ses soins et ne demanda rien davantage. « Le marquis d’Astorga, étant vice-roi de Naples, fit tirer son buste en marbre, et il ne manqua pas d’y faire mettre ses belles lunettes. Il est si commun d’en porter que j’ai entendu dire qu’il y a des différences dans les lunettes comme dans les rangs. A proportion que l’on élève sa fortune, l’on fait grandir le verre de sa lunette, et on la hausse sur son nez. Les grands d’Espagne en portent de larges comme la main, que l’on appelle ocales, pour les distinguer. Ils se les font attacher derrière les oreilles et les quittent aussi peu que leur golille...2 J’ai remarqué des personnes de qualité dans leurs carrosses, quelquefois seules, et quelquefois plusieurs ensemble, le nez chargé de lunettes, qui font peur à mon gré. » (8e lettre, datée du 29 mars 1679.)
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45 La golille est la fraise empesée. Jean de Castro. (M.) Don Quichotte, où Cervantès s’est moqué des livres de chevalerie. Mais c’est une grande erreur de croire que les Espagnols n’ont point d’autre littérature que les Amadis. Encore ne faudrait-il pas oublier leur théâtre, qui a servi de modèle à Corneille. L’opinion de Montesquieu était générale au XVIIIe siècle. — « Qu’est-ce que ces romans de chevalerie nous apprennent ? Le seul Don Quichotte, ce livre merveilleux, que Saint-Évremond préférait à tous les livres du monde, ne les a-t-il pas tous détruits ? » Marais, t. III, p. 339. Les Batuecas. (M.) C’est une invention de quelque bel esprit que Montesquieu n’aurait pas dû prendre au sérieux.
1Cette lettre, dans laquelle l’auteur de l’Esprit des lois se révèle tout entier, a inspiré à Beccaria la pensée mère de son Traité des délits et des peines, publié à Milan, en 1764. V. notamment le chapitre XV, et la lettre de Beccaria à Morellet : Da solo cinque anni, écrit-il, en 1770, data la mia conversione a la filosofia ; e ne vado debitore, alla lettura delle Lettere Persiane. Beccaria e il diritto penale, 3 saggio di C. Cantù. Florence, 1862, p. 68. Comp. Esprit des lois, VI, IX et XII. Esprit des lois, VI, 12. « Suivons la nature qui a donné aux hommes la honte comme leur fléau, et que la plus grande partie de la peine soit l’infamie de la souffrir. » En 1622.
12 Sup., lettre LXVII. Les Huns.
1Deviner ?
1Esprit des lois, I, I.
12 Toute cette lettre, d’une généreuse hardiesse, est une protestation contre la révocation de l’Édit de Nantes. Ils y sont encore sous le nom de Parsis, et ont conservé leurs livres sacrés et le culte du feu.
45 quand le jeune Corneille écrivait la comédie de la Galerie du Palais. Cf. Esprit des lois, XXXII, 8. Suivant la loi romaine reçue en France, dans les provinces du Midi, les filles pouvaient contraindre leur père à les doter. V. inf., lettre CXXIV à la fin. C’est ce qu’on appelait le congrès. Boileau s’en raille dans la satire des femmes. V. les Mémoires de Mathieu Marais, t. III, p. 288, 321, 330 ; IV, 497 et 587, ainsi que le Recueil des pièces contenues au procès de M. le marquis de Gesvres et de Mlle Mascranny, sa femme. Rotterdam, 1714, 2 vol. in-12. « La loi Pater is est quem nuptiœ demonstrant est le triomphe des femmes galantes et la honte des pauvres maris. Avec cette loi, on donnera des enfants à qui on voudra, et à qui n’en aura point fait. » Mathieu Marais, t. II, p. 99. C’est-à-dire on juge à la majorité des voix.
1On recherchait les Suisses pour en faire des concierges : Il m’avait fait venir d’Amiens pour être suisse, dit Petit-Jean dans les Plaideurs.
1Cette lettre contient en germe la théorie des principes des trois gouvernements, que Montesquieu a exposée dans le troisième livre de l’Esprit des lois.
12 Comparez Esprit des lois, III, 6, 7 ; IV, 2 ; XXVIII, 20. L’édit de Louis XIV prononce la peine de mort contre les duellistes.
1« Cette ambassade fut toujours fort équivoque et méme quelque chose de plus. Ce qu’on crut en démêler le mieux, fut qu’un ministre d’une des provinces de Perse, comme qui dirait un intendant du Languedoc, avait envoyé ce prétendu ambassadeur pour des affaires de négoce entre des marchands, et que, pour se faire défrayer, il contrefit l’ambassadeur de Perse ; que Pontchartrain, dont cette ambassade regardait le département, ne voulut pas dévoiler la friponnerie, pour amuser le roi et lui faire sa cour, en lui laissant croire que le sophi lui envoyait un ambassadeur. » Notes du Journal de Dangeau. — Quoi qu’il en soit, on le reçut avec beaucoup de pompe. Il enleva une femme mariée, à qui il fit abjurer le christianisme. Cette femme était une bâtarde de l’abbé de Grançay. Voyez la Correspondance d’Élisabeth-Charlotte, duchesse d’Orléans, mère du régent. (Note de l’édition Dalibon. Paris, 1826.)
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34 Louis XIV mourut à Versailles, le dimanche 1er septembre 1715, à l’âge de soixantedix-sept ans moins cinq jours, et dans la soixante-treizième année de son règne. Il était né le 5 septembre 1638 et avait commence à régner le 14 mars 1643. Le duc d’Orléans. Lundi 2 septembre 1715. V. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 116 et suiv., et SaintSimon (éd. Hachette), t. XIII. Par un édit du 16 septembre 1715, vérifié en parlement, le régent révoqua les articles des ordonnances de 1667 et 1673 qui étaient au parlement le droit de remontrance. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 202.
1Moine musulman.
1C’est la réfutation anticipée du sophisme de J.-J. Rousseau, qui oppose la nature à la société, et fait sortir la société d’un contrat que les hommes auraient conclu par hasard.
1Esprit des lois, I, 1.
1Voyez notamment l’affaire de Bourvalais et celle de Crozat. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 224 ; t. II, p. 345.
2Le duc de Noailles. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 235.
3V. les Mémoires de Marais, t. II, p. 1 et 97.
1Cabinets de toilette ; boudoirs.
2Les lois romaines et le droit canon.
3Ceci n’est point exact, surtout pour le nord de la France.
1La constitution Unigenitus, dirigée contre les jansénistes.
2Un évêque.
1Philippe-Auguste.
2Le Vieux de la montagne.
1Charles Ier.
2Le Nouveau Testament.
1C’est ainsi que Montesquieu nomme l’alchimie.
2Ce n’est pas une convention générale, mais la valeur métallique qui fait le prix de l’or et de l’argent.
3L’or et l’argent ne servent pas seulement de monnaie ; on peut les employer, aussi bien que l’étain et le cuivre, aux usages les plus divers.
1Sous ce nom, Montesquieu comprend tout ensemble les beaux-arts et l’industrie.
1Louis XV, né le 13 février 1710.
2Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 104 et suiv.
1Les journaux français, au XVIIIe siècle, n’étaient que des revues périodiques, de petit format, et ne contenaient guère que l’analyse des livres nouveaux. La liberté de la presse n’a paru en France qu’en 1789.
1Il veut parler de la guerre de Ramus. (M.) Ramus, professeur au college royal, en 1552, voulait qu’on prononçât kiskis et kankan au lieu de quisquis et quanquam. Grand adversaire d’Aristote, il fut assassiné par les suppôts de l’Université, en 1572. C’était en 1610. (M.)
1J’emprunte à l’édition de M. André Lefèvre la note suivante : Cette lettre se trouve déjà en grande partie dans la 2e édition de Cologne, 1721, chez P. Marteau (nº LVIII), avec une adresse et une date différente. En voici le début et les variantes : RICA A A ***. Le peuple est un animal qui voit et qui entend, mais qui ne pense jamais. Il est dans une léthargie ou dans une fougue surprenante ; et il va et vient sans cesse d’un de ces états à l’autre, sans savoir jamais d’où il est parti. J’ai oui parler en France d’un certain gouverneur de Normandie qui, voulant se rendre plus considérable à la cour, excitait lui-même de temps en temps quelques séditions qu’il apaisait aussitôt. Il avoua depuis que la plus forte sédition ne lui coûta, tout compte fait, qu’un demi-toman. Il faisait assembler quelques canailles dans un cabaret qui donnait le ton à toute la ville, et ensuite à toute la province. Cela me fait ressouvenir d’une lettre qu’écrivit dans les derniers troubles de Paris un des généraux de cette ville, à un de ses amis. Je fis sortir, il y a trois jours, les troupes de la ville, mais elles furent repoussées avec perte. Je compte pourtant que je réparerai facilement cet échec ; j’ai six couplets, etc... Si cela ne suffit pas, il a été résolu en conseil de faire paraître une estampe qui fera voir Mazarin pendu, et pour peu que la conjoncture le demande, nous aurons la ressource d’ordonner au graveur de le rouer... 3 Jugez après cela si le peuple a tort de s’animer, et de faire du nom de Mazarin un mot générique, etc. De Paris, le 9 de la lune de zilcadé, 1715, On prétend que Montesquieu désigne ici Charles de Mouchi d’Hocquincourt, fait maréchal de France en 1631. Il faut avouer que la plaisanterie vient un peu tard. Le cardinal Mazarin, voulant prononcer l’arrêt d’union, dit devant les députés du parlement l’arrêt d’ognon, de quoi le peuple fit force plaisanteries. (M.) (Note de la seconde édition, Cologne, 1721.)
1Que certains pays soient moins peuplés aujourd’hui qu’ils ne l’étaient dans l’antiquité, cela s’explique par plus d’une cause ; mais que le monde soit moins peuplé qu’autrefois, c’est une allégation qui ne repose sur aucune preuve. Il faudrait établir le fait avant d’en chercher les raisons.
2C’est un paradoxe. La superficie de Rome, déterminée par son ancien mur d’enceinte, qui subsiste encore, prouve que la population qui a vécu dans cette enceinte n’a pu s’élever à un chiffre trés-élevé.
3C’est un paradoxe. La Gaule de César était couverte de forts. Conf. Grandeur et décadence des Romains, ch. XVI.
4L’Allemagne n’a pas cessé d’émigier.
5C’est le contraire de la vérité, au moins pour l’Europe et l’Amérique.
1La Chine.
2Le mercure.
1Ce n’est pas ce que nous disent les écrivains anciens.
2Il semblerait, au contraire, que la facilité d’en finir avec les peines domestiques doit singulièrement affaiblir la patience qui les supporte.
2Esprit des lois, XIV, 7. C’est-à-dire les enfants.
1Voyez les notes de la lettre CV.
1Le Messie.
2C’est le ciel des Chinois.
1Édit de Henri II, de 1550.
1L’effet ordinaire des colonies est d’augmenter la population des pays d’où on les tire, et de peupler ceux où on les envoie. Qu’on regarde l’Angleterre avec ses colonies 3
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67 et qu’on la compare à la France depuis un siècle. L’histoire prouve le contraire. C’est une question de climat. Sous un climat semblable au sien, l’émigrant se porte bien. Les nègres ont vécu et multiplié dans l’Amérique du Nord, et partout où on ne les détruit point par un travail écrasant. Témoin l’Amérique du Nord et l’Australie ? L’auteur parle peut-être de l’Ile de Bourbon. (M.) Les Anglais n’ont pas détruit les peuples de l’Inde, et cependant ils les retiennent dans l’obéissance.
1Le prince Eugène, qui battit les Turcs à Peterwaradin, prit Belgrade en août 1717, remporta beaucoup d’autres avantages, et conclut la paix avantageuse de Passarowitz, en 1718.
1Sur cet abus des pensions, V. les Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 233. Esprit des lois, V, 10.
1Les bonzes sont les prêtres bouddhistes de la Chine ; il n’y en a point dans l’Inde, Montesquieu les a confondus avec les brahmanes.
1Le Grand Mogol est ici le roi d’Espagne, et son ambassadeur est le prince de Cellamare, arrêté le 8 décembre 1718. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 239. Le duc du Maine. L’édition A. dit, par erreur sans doute : Qui est chagrin de son éducation.
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3Charles XII, tué le 30 novembre 1718, au siége de Frederikshall, d’une balle qui lui perça la tempe droite. Conf. Esprit des lois, X, 13. Le baron de Gortz. Shah in Shah, le roi de Perse.
12 V. sup. la note 1 de la lettre LXXIX. Esprit des lois, V, 7.
1Les Tuileries. Dufresny, Amusements, etc., ch. VI : « L’incommodité de ces promenades les (Tuileries), c’est qu’on y est tourmenté de plusieurs insectes : des mouches en été, des cousins en automne, et en tout temps des nouvellistes. » 3
45 On dirait aujourd’hui : comme un jeu de cartes. 1717. (M.) Le comte de Lionne. Le comte de Lionne.
1Cette lettre nous donne la clef de l’Esprit des lois, en ce qui touche la division singulière des gouvernements, en républicains, monarchiques et despotiques. Pour Montesquieu, c’est une division historique et géographique. Le gouvernement républicain, c’est celui des cités grecques 3 et de Rome. Le despotisme ne sort pas de l’Asie ; la monarchie ne se trouve qu’en Europe chez les peuples modernes, mélanges de Romains et de Germains. Ce sont là des assertions, dont il serait difficile de fournir la preuve. Le nom d’Hespérie ou de couchant.
12 On ne payait plus les billets de banque, et il fallait donner au trésor son argent au pair d’un papier déprécié. V. inf., lettre CXLII. Le papier déprécié, mais gardant légalement sa valeur nominale, permettait au débiteur de ruiner le créancier en le remboursant avec un vain chiffon. Aussi dit-on qu’on vît, rue Quincampoix, un créancier tirer l’épée 4
5contre le débiteur qui l’avait remboursé. V. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 453. Les actions de la banque de Law. Deux mille livres. La forme usuelle est : il tressaille.
1L’abbé, ou le supérieur du couvent.
1Allusion au traité De Matrimonio, du jésuite Sanchez.
12 Il s’agit ici de l’alchimie, qui n’a de commun que le nom avec la science toute moderne de la chimie. Montesquieu prend ici les mots d’algèbre et d’algébristes dans un sens tout particulier. L’algèbre répond aux calculs imaginaires des faiseurs de système. V. inf., lettre CXXXVIII. Ce n’est pas Montesquieu qui a inventé ce sens du mot ; témoin l’épitaphe de Law, qu’où lit par dérision en novembre 1720, lors de la chute du système : Ci-gît cet Écossais célèbre, Ce calculateur sans égal Qui, par les règles de l’algèbre, A mis la France à l’hôpital. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 481. Law.
1Pascal, dans ses Pensées, parle de la poésie à peu près comme Montesquieu, et n’y voit que des mots vides de sens, comme fatal laurier, bel astre, etc., qu’on appelle des beautés poétiques. Voltaire en conclut seulement que Pascal parlait de ce qu’il ne connaissait pas ; et c’est, je crois, la seule fois qu’il ait eu raison contre Pascal. Il fut bien plus en colére contre Montesquieu, qui pourtant avait excepté nommément les poètes dramatiques du mépris qu’il témoignait pour tous les autres. Cela ne suffisait pas, comme de raison, pour apaiser l’auteur de la Henriade, et, quand on lui reprochait les traits qu’il lançait contre Montesquieu, il se contentait de répondre : « Il est coupable de lèse-poésie, » et l’on 3 avouera que c’était un crime que Voltaire ne pouvait guère pardonner. (LA HARPE.) L’Iliade et l’Énéide. M. Meyer, Études de critique ancienne et moderne, Paris, 1850, a vu dans celte phrase une épigramme anticipée contre la Henriade, déjà commencée, et circulant en manuscrit. Montesquieu n’a jamais eu de goût ni pour Voltaire, ni pour la poésie ; il n’est pas impossible qu’il ait fait allusion au poème de la Ligue, premier nom de la Henriade.
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5Par édit du 16 septembre 1715. Le duc de Noailles. Law. V. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 262. Mathieu Marais, t. II, p. 50. La rue Quincampoix, bourse du temps, rendez-vous de l’agiotage.
12 Ulrique-Éléonore, sœur de Charles XII, proclamée reine de Suède par le vœu du peuple. Le prince Frédéric de Hesse-Cassel.
1Le parlement s’opposait au système de Law ; il fut exilé à Pontoise par le régent, le 21 juillet 1720. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 332. Chanson du temps : Le parlement est à Pontoise Sur Oise, Par ordre du régent. Il leur a pris tout leur argent, Et puis il leur a cherché noise. Le parlement est à Pontoise. MATHIEU MARAIS, t.1, p. 355. Esprit des lois, V, 10.
1Travesti est ici synonyme de traduit.
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5Law, l’Écossais. Toute cette allégorie est la satire du Système. Conf. Esprit des lois, XXII, 10. La France. Le cours des actions, On avait ordonné de porter toutes les espèces à la Banque. A l’origine on remboursait les billets, moitié en papier, moitié en espèces. 7
89 Ordonnance du roi du 20 juin 1720. Mémoires de Mathieu Marais, t.1, p. 315. Arrêt du 4 juillet 1720. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 315. Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 387. Arrêt du 15 septembre 1720. Mémoires de Mathieu Marais, t.1, p. 432.
1L’auteur, dans le manuscrit qu’il avait confié, de son vivant, aux libraires, a jugé à propos de faire des retranchements. On n’a pas cru devoir en priver le lecteur, qui les trouvera ici en notes. Il y a bien des choses que je n’entends pas : mais toi, qui es médecin, tu dois entendre le langage de tes confrères. 3
4La Connaissance du globe, suivant les anciens éditeurs. Le P. Caussin, jésuite, né à Troyes, confesseur de Louis XIII, exilé par Richelieu. Mémoires de Mathieu Marais, t. II, p. 432. Voyez la note 1 de la page précédente. Le médecin était un homme subtil, rempli des mystères de la cabale, et de la puissance des paroles et des esprits : cela le frappa ; et, après plusieurs réflexions, il résolut de changer absolument sa pratique. Voilà un fait bien singulier ! disait-il. Je tiens une expérience : il faut la pousser plus loin. Eh ! pourquoi un esprit ne pourraitil pas transmettre à son ouvrage les mêmes qualités qu’il a lui-même ? Ne le voyonsnous pas tous les jours ? Au moins, cela vaut-il bien la peine de l’essayer. Je suis las des apothicaires ; leurs sirops, leurs juleps, et toutes les drogues galéniques ruinent les malades et leur santé. Changeons de méthode ; éprouvons la vertu des esprits. Sur cette idée, il dressa une nouvelle pharmacie, comme vous allez voir par la description que je vous vais faire des principaux remèdes qu’il mit en pratique. Tisane purgative. Prenez trois feuilles de la logique d’Aristote, en grec ; deux feuilles d’un traité de théologie scolastique, le plus aigu, comme, par exemple, du subtil Scot ; quatre de Paracelse ; une d’Avicenne ; six d’Averroès ; trois de Porphyre ; autant de Plotin ; autant de Jamblique. Faites infuser le tout pendant vingt-quatre heures, et prenez-en quatre prises par jour. Purgatif plus violent. Prenez dix A*** du C***, concernant la B*** et la C*** des I*** ;5 faites-les distiller au bain-marie ; mortifiez une goutte de l’humeur âcre et piquante qui en viendra, dans un verre d’eau commune ; avalez le tout avec confiance. Vomitif. Prenez six harangues, une douzaine d’oraisons funèbres indifféremment, prenant garde pourtant de ne point se servir de celles de M. de N. ;6 un recueil de nouveaux opéras ; cinquante romans ; trente mémoires nouveaux. Mettez le tout dans un matras ; laissez-le en digestion pendant deux jours, puis faites-le distiller au feu de sable. Et, si tout cela ne suffit pas : Autre plus puissant. Prenez une feuille de papier marbré, qui ait servi à couvrir un recueil des pièces des J. F. ;7 faites-la infuser l’espace de trois minutes ; faites chauffer une cuillerée de cette infusion, et avalez. Remède très-simple pour guérir de l’asthme. Lisez tous les ouvrages du révérend père Maimbourg, ci-devant jésuite,8 prenant garde de ne vous arrêter qu’à la fin de chaque période ; et vous sentirez la faculté de respirer vous revenir peu à peu, sans qu’il soit besoin de réitérer le remède. Pour préserver de la gale, gratelle, teigne, farcin des chevaux. Prenez trois catégories d’Aristote, deux degrés métaphysiques, une distinction, six vers de Chapelain, une phrase tirée des lettres de M. l’abbé de Saint-Cyran ; écrivez le tout sur un morceau de papier, que vous plierez, attacherez à un ruban, et porterez au col. Miraculum chymicum, de violenta fermentatione, cum fumo, igne et flammâ. Misce Quesnellianam9 infusionem, cum infusione Lallemanianâ ;10 fiat fermentatio cum magnâ vi, impetu et tonitru, acidis pugnantibus, et invicem penetrantibus alcalinos sales ; fiet evaporatio ardentium spirituum. Pone liquorem fermentatum in alambico ; nihil indè extrahes, et nihil invenies, nisi caput mortuum. Lenitivum. Recipe Molinœ anodini chartas duas ; Escobaris relaxativi paginas sex ; Vasquii emollientis folium unum ; infunde in aquœ communis lib. iiij. Ad consumptionem dimidiœ partis colentur et exprimantur : et, in expressione, dissolve Bauni detersivi et Tamburini abluentis folia iij.11 Fiai clister. In chlorosim, quam vulgus pallidoscolores, aut febrim amatoriam, appellat. Recipe Aretini figuras iiij ; R. Thomæ Sanchii de matrimosfo folia ij. Infundantur in aquæ communis libras quinque. Fiat ptisana aperiens. Voilà les drogues que notre médecin mit en pratique avec un succès imaginable. Il ne voulait pas, disait-il, pour ne pas ruiner ses malades, employer des remèdes rares, et qui ne se trouvent presque point, comme, par exemple, une épître dédicatoire qui n’ait fait bâiller personne ; une préface trop courte ; un mandement fait par un évêque, et l’ouvrage d’un janséniste méprisé par un janséniste, ou bien admiré par un jésuite. Il disait que ces sortes de remèdes ne sont propres qu’à entretenir la charlatanerie, contre laquelle il avait une antipathie insurmontable. 6
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11Dix Arrêts du Conseil, concernant la Banque et la Compagnie des Indes. Dix arrêts du conseil concernant la bulle et la constitution des jésuites, suivant les anciens éditeurs et la Table. Monsieur de Nîmes, c’est-à-dire Fléchier. Des Jeux Floraux. Louis Maimbourg (1610-1686), exclu de la Compagnie de Jésus par Innocent XI, pour avoir écrit en faveur de la déclaration du clergé français de 1682. Le père Quesnel, janséniste et grand adversaire des jésuites. Le père Lallemand, jésuite. Molina, Escobar, Vasquez, Bauni, Tamburini, noms célèbres dans les Provinciales, sont des pères jésuites qui ont défendu les doctrines que les jansénistes ont attaquées avec tant d’énergie, comme corruptrices de la morale chrétienne.
1Il faudrait, ce me semble, mon cher Rica, à moins qu’il n’y ait une erreur dans l’intitulé de la lettre, et qu’elle ne soit adressée par Rica à Usbek, comme l’ont supposé quelques éditeurs.
1Automate est synonyme d’animal, dans le système de Descartes, dont Montesquieu parait fort épris.
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34 Cette lettre, des plus hardies, est encore une satire du Système de Law. Les Indes sont ici la France. On voit, dans les Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 388, p. 443, 468, que le clergé n’hésita pas à payer ses dettes de cette façon peu loyale. C’est-à-dire des feuilles de papier, des assignats. V. les Mémoires de Mathieu Marais, t. I, p. 324. « La Mésangère, ancien maître d’hôtel du roi, homme de condition et d’esprit... ayant trouvé un pauvre qui lui demandait l’aumône, et qui lui dit : « Je suis un pauvre gentilhomme, ruiné par un moulin à poudre qui a été brûlé, » il lui répondit : « Hélas ! monsieur, je suis un pauvre gentilhomme qui a été ruiné par un 6
7moulin à papier. » Cela a été rapporté au régent, qui n’en a fait que rire. » Une plume. C’est-à-dire j’ai payé en un papier déprécié l’argent que je devais. V. Mémoires de Mathieu Marais, t. 1, p. 335. Voyez l’histoire du duc de la Force. M. Marais, t. I, p. 453 ; t. II, p. 67 et suiv.
1Expier dans le sens de purifier est une expression qui n’est pas usitée. On la retrouve dans l’Esprit des lois. XXIV, 18, à la fin.