Barbare
Illuminations, Arthur Rimbaud (1886)·Texte intégral, chapitre 26 sur 39·Livre complet →
Bien après les jours et les saisons, et les êtres et les pays,
Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n’existent pas.)
Remis des vieilles fanfares d’héroïsme, -qui nous attaquent encore le cœur et la tête, - loin des anciens assassins, -
Oh ! Le pavillon en viande saignante sur la soie des mers et des fleurs arctiques ; (elles n’existent pas) Douceurs !
Les brasiers pleuvant aux rafales de givre, -Douceurs ! -Ces feux à la pluie du vent de diamants jetée par le cœur terrestre éternellement carbonisé pour nous. - Ô monde !
(Loin des vieilles retraites et des vieilles flammes, qu’on entend, qu’on sent,)
Les brasiers et les écumes. La musique, virement des gouffres et choc des glaçons aux astres.
Ô Douceurs, ô monde, ô musique ! Et là, les formes, les sueurs, les chevelures et les yeux, flottant. Et les larmes blanches, bouillantes, -ô douceurs ! -et la voix féminine arrivée au fond des volcans et des grottes arctiques.
Le pavillon…