(1880–1918)
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Né à Rome en 1880 de père inconnu et d'une mère issue de la petite noblesse polonaise, Wilhelm de Kostrowitzky grandit à Monaco, s'installe à Paris en 1900 et se lie avec Picasso et les peintres de l'avant-garde. Soupçonné en 1911 de complicité dans le vol de « La Joconde », il passe une semaine à la Santé. Engagé volontaire, naturalisé en 1916, blessé à la tempe par un éclat d'obus, il meurt de la grippe espagnole à Paris en novembre 1918, tandis que la foule crie sous ses fenêtres « À mort Guillaume ! », visant l'empereur d'Allemagne.
Apollinaire est le passeur entre deux siècles de poésie. Héritier du symbolisme, il fait entrer la modernité dans le vers, pratique le vers libre et, en corrigeant les épreuves d'« Alcools », supprime toute ponctuation du recueil, un geste radical et très remarqué. Ami et défenseur des cubistes, il invente en 1917 le mot « surréalisme » et sera admiré des jeunes Breton, Aragon et Soupault.
On le connaît d'abord pour « Le Pont Mirabeau », « La Chanson du mal-aimé » et « Zone », qui ouvre « Alcools » (1913) : chagrins d'amour, souvenirs rhénans et Paris moderne y chantent ensemble, et beaucoup de ces poèmes ont été mis en musique, de Léo Ferré à Jean Ferrat. Avec « Calligrammes » (1918), il fait du poème un dessin : le calligramme, dont il a forgé le nom, unit l'écriture et l'image.
Le lire aujourd'hui, c'est entendre une voix qui ne choisit jamais entre tradition et modernité, entre la plus vieille mélancolie lyrique et l'appétit du neuf. Commencez par « Alcools », en lisant « Zone » à voix haute puis « Le Pont Mirabeau », et continuez avec « Calligrammes », dont une partie fut écrite dans les tranchées : la guerre vécue au front y devient matière de poésie.
Recueil de poèmes (1913) : de Zone à Vendémiaire, le poète marche dans le Paris des autobus et des émigrants, longe le Rhin, croise Merlin, Salomé et la Loreley, voit l'amour s'en aller sous le pont Mirabeau et écrit depuis sa cellule de la Santé.
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