(1873–1954)
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Née en 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye, en Bourgogne, Sidonie Gabrielle Colette épouse à vingt ans Willy, qui publie sous son propre nom les « Claudine » qu'elle a écrites. Séparée de lui, elle se produit au music-hall dans des pantomimes qui font scandale, puis devient journaliste et, en 1949, la première femme présidente de l'académie Goncourt. Morte à Paris en 1954, privée d'enterrement religieux par l'Église, elle est la première femme à qui la République accorde des obsèques nationales.
Colette a donné à la prose française une sensualité nouvelle : la nature, les bêtes, les fleurs et le corps sont décrits chez elle avec une justesse de mot qui la range parmi les grands écrivains français. Elle revendique les droits de la chair et ceux des femmes, assume sa bisexualité, et se met en scène sous son propre nom dans ses livres, au point que Serge Doubrovsky voyait en elle une pionnière de l'autofiction.
Elle est connue pour la série des « Claudine », pour « Chéri » (1920), « Le Blé en herbe » (1923) et « Gigi » (1944). Mais le cœur de son œuvre bat dans ses livres de souvenirs, « La Maison de Claudine » et « Sido », où revit sa mère, femme libre et athée qui lisait Corneille à la messe en guise de missel et apprit à sa fille l'art d'observer le jardin.
La lire aujourd'hui, c'est retrouver une écriture des sens d'une précision rare, et une femme qui a conduit sa vie comme elle l'entendait, du music-hall à l'académie Goncourt. Commencez par « Sido », publié en 1929 puis augmenté en 1930 de chapitres sur son père et sur ses frères et sa sœur : un livre bref, lumineux, la porte idéale vers toute son œuvre.
Récit de souvenirs en trois parties (1930) : Colette fait revivre sa mère Sido, qui lit le temps dans son jardin de Saint-Sauveur, son père, capitaine amputé d'une jambe, et ses deux frères, garçons sauvages épris de bois et de musique.
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