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Gérard de Nerval

(1808–1855)

2 œuvres référencées

Né à Paris en 1808, élevé dans le Valois qui hantera toute son œuvre, Nerval traduit le « Faust » de Goethe à vingt ans et le vieux maître le salue. Voyageur en Orient, noctambule accompagné dit-on d'un homard en laisse, il traverse des crises de folie et plusieurs internements. On le retrouve pendu rue de la Vieille-Lanterne, à Paris, en janvier 1855.

Nerval est le poète du rêve : il le disait « seconde vie » et a passé son œuvre à brouiller la frontière. « Sylvie », « Aurélia », « Les Chimères » : souvenirs, songes et mythes s'y superposent en une matière unique, d'une douceur étrange.

Sa prose est peut-être la plus musicale du français : phrases limpides, mélancolie sans pose, mémoire qui transfigure le Valois des fêtes et des jeunes filles. Les sonnets des « Chimères », eux, atteignent une densité mystérieuse que la poésie n'a jamais dépassée.

Proust tenait « Sylvie » pour un modèle, les surréalistes ont fait de Nerval un frère aîné. Commencez précisément par « Sylvie », dans « Les Filles du feu » : cinquante pages parfaites, puis « Aurélia », le récit de la folie écrit depuis l'intérieur.

Bibliographie