(1639–1699)
3 œuvres référencées
Né à La Ferté-Milon en 1639, orphelin élevé par les jansénistes de Port-Royal, Racine leur doit sa culture grecque et son sens du tragique. De 1667 à 1677, d'« Andromaque » à « Phèdre », il enchaîne les triomphes et les querelles, rivalisant avec le vieux Corneille. Puis il rompt avec le théâtre, devient historiographe de Louis XIV, et ne revient à la scène que pour « Esther » et « Athalie ». Il meurt en 1699.
Racine est le poète de la passion à l'état pur : Phèdre, Hermione, Roxane, Néron brûlent d'amours impossibles qui les détruisent. La fatalité n'est plus chez les dieux mais dans le cœur, et la tragédie devient une machine psychologique implacable.
Son alexandrin est le plus pur de la langue : un vocabulaire volontairement restreint, et pourtant une musique et une violence que nul n'a égalées. « C'est Vénus tout entière à sa proie attachée » : des vers que le français porte en lui depuis trois siècles.
Tout se joue en un jour, un lieu, un aveu : cette concentration produit une intensité que le théâtre moderne lui envie encore. Commencez par « Phèdre », le sommet, puis « Andromaque », la mécanique des amours en chaîne.