(1868–1918)
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Né à Marseille en 1868 dans une famille de la bourgeoisie, Rostand fait son droit sans jamais plaider et connaît d'abord l'échec, au théâtre comme en poésie. Le 28 décembre 1897, la première de « Cyrano de Bergerac », dont il redoutait le fiasco, tourne au triomphe : le ministre de l'Instruction publique vient en coulisses décrocher sa propre Légion d'honneur pour la lui agrafer. Élu à l'Académie française en 1901, il meurt à Paris en 1918, emporté par la grippe espagnole.
Rostand ressuscite le théâtre en vers au moment où la scène appartient au vaudeville et au drame réaliste. Héritier de Hugo et de Banville, il rend au public le goût du lyrisme, de l'héroïsme et de l'alexandrin virtuose, dans une France encore meurtrie par la défaite de 1870.
Il est l'homme d'une pièce, et quelle pièce : « Cyrano de Bergerac », la plus jouée du théâtre français. Le poète bretteur au nez immense, qui prête ses mots au beau Christian pour séduire Roxane qu'il aime en secret, est devenu un archétype au même titre que Hamlet ou Don Quichotte, et son dernier mot, « mon panache », résume tout le personnage. On lui doit aussi « L'Aiglon », écrit pour Sarah Bernhardt, et « Chantecler », dont tous les personnages sont des animaux.
Le lire aujourd'hui, c'est retrouver le plaisir pur du théâtre : duels, tirades, rires et larmes, et un héros qui préfère l'élégance à la réussite. Commencez évidemment par « Cyrano de Bergerac », de préférence à voix haute : la tirade du nez et la scène du balcon suffisent à convertir les plus réticents.
Comédie héroïque en cinq actes et en vers (1897) : en 1640, Cyrano de Bergerac, cadet gascon, bretteur et poète au nez démesuré, prête son esprit au beau Christian pour séduire Roxane, la cousine qu'il aime sans oser le lui dire.
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