Bribes
Damnation
Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire (1857)·Texte intégral, poème 163 sur 193·Livre complet →
Le banc inextricable et dur,
La passe au col étroit, le maëlstrom vorace,
Agitent moins de sable et de varech impur
Que nos cœurs où pourtant tant de ciel se reflète ;
Ils sont une jetée à l’air noble et massif,
Où le phare reluit, bienfaisante vedette,
Mais que mine en dessous le taret corrosif ;
On peut les comparer encore à cette auberge,
Espoir des affamés, où cognent sur le tard,
Blessés, brisés, jurant, priant qu’on les héberge,
L’écolier, le prélat, la gouge et le soudard.
Ils ne reviendront pas dans les chambres infectes ;
Guerre, science, amour, rien ne veut plus de nous.
L’âtre était froid, les lits et le vin pleins d’insectes ;
Ces visiteurs, il faut les servir à genoux !
Spleen.