Classiques.app

Nouvelles Fleurs du Mal

X. – Les yeux de Berthe

Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire (1857)·Texte intégral, poème 143 sur 193·Livre complet →

Vous pouvez mépriser les yeux les plus célèbres,

Beaux yeux de mon enfant, par où filtre et s’enfuit

Je ne sais quoi de bon, de doux comme la Nuit !

Beaux yeux, versez sur moi vos charmantes ténèbres !

Grands yeux de mon enfant, arcanes adorés,

Vous ressemblez beaucoup à ces grottes magiques

Où, derrière l’amas des ombres léthargiques,

Scintillent vaguement des trésors ignorés !

Mon enfant a des yeux obscurs, profonds et vastes

Comme toi, Nuit immense, éclairés comme toi !

Leurs feux sont ces pensers d’Amour, mêlés de Foi,

Qui pétillent au fond, voluptueux ou chastes.