Classiques.app

Poèmes divers · IX

Noble femme au bras fort, qui durant les longs jours

Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire (1857)·Texte intégral, poème 170 sur 193·Livre complet →

Noble femme au bras fort, qui durant les longs jours

Sans penser bien ni mal dors ou rêves toujours,

Fièrement troussée à l’antique,

Toi que depuis dix ans qui pour moi se font lents

Ma bouche bien apprise aux baisers succulents

Choya d’un amour monastique –

Prêtresse de débauche et ma sœur de plaisir

Qui toujours dédaignas de porter et nourrir

Un homme en tes cavités saintes,

Tant tu crains et tu fuis le stygmate alarmant

Que la vertu creusa de son soc infamant

Au flanc des matrones enceintes.