Classiques.app

Les Épaves

VIII. – Sur les débuts d’Amina Boschetti Au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles

Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire (1857)·Texte intégral, poème 156 sur 193·Livre complet →

Amina bondit, – fuit, – puis voltige et sourit ;

Le Welche dit : « Tout ça, pour moi, c’est du prâcrit ;

Je ne connais, en fait de nymphes bocagères,

Que celle de Montagne-aux-Herbes-potagères. »

Du bout de son pied fin et de son œil qui rit,

Amina verse à flots le délire et l’esprit ;

Le Welche dit : « Fuyez, délices mensongères !

Mon épouse n’a pas ces allures légères. »

Vous ignorez, sylphide au jarret triomphant,

Qui voulez enseigner la valse à l’éléphant,

Au hibou la gaieté, le rire à la cigogne,

Que sur la grâce en feu le Welche dit : « Haro ! »

Et que, le doux Bacchus lui versant du bourgogne,

Le monstre répondrait : « J’aime mieux le faro ! »