Livre vingtième
Chapitre 4
Mémoires d'outre-tombe, François-René de Chateaubriand (1849)·Texte intégral, chapitre 198 sur 560·Livre complet →
Empire. - Sacre. - Royaume d’Italie.
Le 2 décembre 1804 eurent lieu le sacre et le couronnement de l’empereur à Notre-Dame de Paris.
Le pape prononça cette prière : " Dieu tout-puissant et éternel, qui avez établi Hazaël pour gouverner la Syrie, et Jéhu roi d’Israël, en leur manifestant vos volontés par l’organe du prophète Elie ; qui avez également répandu l’onction sainte des rois sur la tête de Saül et de David, par le ministère du prophète Samuel, répandez par mes mains le trésor de vos grâces et de vos bénédictions sur votre serviteur Napoléon, que, malgré notre indignité personnelle, nous consacrons aujourd’hui empereur en votre nom. " Pie VII n’étant encore qu’évêque d’Imola avait dit en 1797 : " Oui, mes très chers frères, siate buoni cristiani, e sarete ottimi democratici. Les vertus morales rendent bons démocrates. Les premiers chrétiens étaient animés de l’esprit de démocratie : Dieu favorisa les travaux de Caton d’Utique et des illustres républicains de Rome. " Quo turbine fertur vita hominum ?
Le 18 mars 1805, l’empereur déclare au Sénat qu’il accepte la couronne de fer que lui sont venus offrir les collèges électoraux de la République cisalpine : il était à la fois l’inspirateur secret du vœu et l’objet public du vœu. Peu à peu l’Italie entière se range sous ses lois ; il l’attache à son diadème, comme au XVIe siècle les chefs de guerre mettaient un diamant en guise de bouton à leur chapeau.