LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CIII
Si la perte des tiens, si les pleurs de ta mere
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 103 sur 193·Livre complet →
Si la perte des tiens, si les pleurs de ta mere,
Et si de tes parents les regrets quelquefois,
Combien, cruel Amour, que sans amour tu sois,
T’ont fait sentir le dueil de leur complainte amere :
C’est or’ qu’il faut monstrer ton flambeau sans lumiere,
C’est or’ qu’il faut porter sans flesches ton carquois,
C’est or’ qu’il faut briser ton petit arc Turquois,
Renouvellant le dueil de ta perte premiere.
Car ce n’est pas icy qu’il te faut regretter
Le pere au bel Ascaigne : il te faut lamenter
Le bel Ascaigne mesme, Ascaigne, ô quel dommage !
Ascaigne, que Caraffe aymoit plus que ses yeux :
Ascaigne, qui passoit en beauté de visage
Le beau Couppier Troyen, qui verse à boire aux Dieux.