(1522–1560)
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Né vers 1522 à Liré, en Anjou, orphelin avant dix ans et de santé fragile, Du Bellay rencontre Ronsard en 1547 et signe deux ans plus tard le manifeste de la Pléiade. En 1553, il suit à Rome son cousin le cardinal Jean du Bellay, dont il gère l'intendance : quatre ans d'ennui et de désillusion. Rentré malade et de plus en plus sourd, il pleure en vers son chat Belaud, puis meurt à Paris le 1er janvier 1560, à 37 ans.
Du Bellay a écrit l'acte de naissance de la poésie française moderne. Sa « Défense et illustration de la langue française », en 1549, veut faire du français, encore « barbare et vulgaire », une langue capable de rivaliser avec le grec et le latin, en l'enrichissant de mots nouveaux. Puis il fait mieux que théoriser : il détourne le sonnet de l'amour pétrarquiste pour y loger sa propre vie.
« Les Regrets », cent quatre-vingt-onze sonnets tous en alexandrins, chose neuve à l'époque, racontent l'exil romain : la mélancolie du pays natal, puis la satire mordante de la cour pontificale, enfin l'éloge. On y trouve son sonnet le plus célèbre, « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage », et son « petit Liré » préféré au mont Palatin. « Les Antiquités de Rome », méditation sur les ruines, annoncent déjà le lyrisme romantique.
Le mal du pays, la déception du voyage rêvé, l'ironie envers les puissants : rien de plus actuel. Son sonnet d'Ulysse a donné son titre à un film de 1970 et à une chanson de Brassens, preuve que ces vers n'ont pas pris une ride. Commencez par « Les Regrets », à lire d'une traite comme le journal d'un expatrié désenchanté.
Recueil de 191 sonnets (1558) : à Rome, au service d'un cardinal, du Bellay dit l'exil, le regret de sa maison angevine et les vices de la cour pontificale, puis, rentré en France, raille les courtisans et loue le roi et Marguerite.
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