LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CLXI
Prelat, à qui les cieux ce bon heur ont donné
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 161 sur 193·Livre complet →
Prelat, à qui les cieux ce bon heur ont donné,
D’estre agreable aux Rois : Prelat, dont la prudence
Par les degrez d’honneur a mis en evidence,
Que pour le bien public Dieu t’avoit ordonné :
Prelat, sur tous prelats sage et bien fortuné,
Prelat, garde des loix, et des seaux de la France,
Digne que sur ta foy repose l’asseurance
D’un Roy le plus grand Roy qui fut onq’ couronné :
Devant que t’avoir veu j’honorois ta sagesse,
Ton sçavoir, ta vertu, ta grandeur, ta largesse,
Et si rien entre nous se doit plus honorer :
Mais ayant esprouvé ta bonté nompareille,
Qui souvent m’a presté si doucement l’oreille,
Je souhaitte qu’un jour je te puisse adorer.