LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CLXXI
Muse, qui autrefois chantas la verde Olive
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 171 sur 193·Livre complet →
Muse, qui autrefois chantas la verde Olive,
Empenne tes deux flancs d’une plume nouvelle,
Et te guindant au ciel avecques plus haute aile,
Vole où est d’Apollon la belle plante vive.
Laisse, mon cher souci, la paternelle rive,
Et portant desormais une charge plus belle,
Adore ce haut nom, dont la gloire immortelle
De nostre pole arctiqu’ à l’autre pole arrive.
Louë l’esprit divin, le courage indontable,
La courtoise douceur, la bonté charitable,
Qui soustient la grandeur, et la gloire de France.
Et di, ceste Princesse et si grande et si bonne,
Porte dessus son chef de France la couronne :
Mais di cela si haut, qu’on l’entende à Florence.