LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CLXXV
Non pource qu’un grand Roy ait esté vostre pere
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 175 sur 193·Livre complet →
Non pource qu’un grand Roy ait esté vostre pere,
Non pour vostre degré, et royale hauteur,
Chacun de vostre nom veut estre le chanteur,
Ni pource qu’un grand Roy soit ores vostre frere.
La nature, qui est de tous commune mere,
Vous fit naistre, Madame, avecques ce grand heur,
Et ce qui accompagne une telle grandeur,
Ce sont souvent des dons de fortune prospere.
Ce qui vous fait ainsi admirer d’un chascun,
C’est ce qui est tout vostre, et qu’avec vous commun
N’ont tous ceux-là qui ont couronnes sur leurs testes :
Ceste grace, et douceur, et ce je ne sçay quoy,
Que quand vous ne seriez fille, ny sœur de Roy,
Si vous jugeroit-on estre ce que vous estes.