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LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CLXXXIII

Morel, quand quelquefois je perds le temps à lire

Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 183 sur 193·Livre complet →

Morel, quand quelquefois je perds le temps à lire

Ce que font aujourd’huy nos trafiqueurs d’honneurs,

Je ri de voir ainsi desguiser ces Seigneurs,

Desquels (comme lon dit) il font comme de cire.

Et qui pourroit, bons dieux ! se contenir de rire

Voyant un corbeau peint de diverses couleurs,

Un pourceau couronné de roses et de fleurs,

Ou le portrait d’un asne accordant une lire ?

La louange, à qui n’a rien de loüable en soy,

Ne sert que de le faire à tous monstrer au doy,

Mais elle est le loyer de cil qui la merite.

C’est ce qui fait, Morel, que si mal volontiers

Je di ceux, dont le nom fait rougir les papiers,

Et que j’ay si frequent celuy de Marguerite.