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LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CXXXII

Vineux, je ne vis oncques si plaisante province

Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 132 sur 193·Livre complet →

Vineux, je ne vis oncques si plaisante province,

Hostes si gracieux, ni peuple si humain,

Que ton petit Urbin, digne que sous sa main

Le tienne un si gentil et si vertueux Prince.

Quant à l’estat du Pape, il fallut que j’apprinse

À prendre en patience et la soif et la faim :

C’est pitié, comme là le peuple est inhumain,

Comme tout y est cher, et comme lon y pinse.

Mais tout cela n’est rien au prix du Ferrerois,

Car je ne voudrois pas pour le bien de deux Rois,

Passer encor’ un coup par si penible enfer,

Bref, je ne sçay, Vineux, qu’en conclure à la fin,

Fors, qu’en comparaison de ton petit Urbin,

Le peuple de Ferrare est un peuple de fer.