LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · LXII
Ce ruzé Calabrois, tout vice, quel qu’il soit
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 62 sur 193·Livre complet →
Ce ruzé Calabrois, tout vice, quel qu’il soit,
Chatouille à son ami, sans espargner personne,
Et faisant rire ceux, que mesme il espoinçonne,
Se jouë autour du cœur de cil qui le reçoit.
Si donc quelque subtil en mes vers aperçoit
Que je morde en riant, pourtant nul ne me donne
Le nom de feint ami vers ceux que j’aiguillonne :
Car qui m’estime tel, lourdement se deçoit.
La Satyre (Dilliers) est un publiq exemple,
Où, comme en un miroir, l’homme sage contemple
Tout ce qui est en luy, ou de laid, ou de beau.
Nul ne me lise donc : ou qui me voudra lire,
Ne se fasche s’il voit, par maniere de rire,
Quelque chose du sien portraict en ce tableau.