LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · LXXVIII
Je ne te conteray de Boulongne, et Venise
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 78 sur 193·Livre complet →
Je ne te conteray de Boulongne, et Venise,
De Padouë, et Ferrare, et de Milan encor’,
De Naples, de Florence, et lesquelles sont or’
Meilleures pour la guerre, ou pour la marchandise :
Je te raconteray du siege de l’Église,
Qui fait d’oisiveté son plus riche thresor,
Et qui dessous l’orgueil de trois couronnes d’or
Couve l’ambition, la haine, et la feintise :
Je te diray qu’ici le bonheur, et malheur,
Le vice, la vertu, le plaisir, la douleur,
La science honorable, et l’ignorance abonde.
Bref je diray qu’ici, comme en ce vieil Chaos,
Se trouve (Peletier) confusement enclos
Tout ce qu’on void de bien, et de mal en ce monde.