LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · XCVII
Doulcin, quand quelquefois je voy ces pauvres filles
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 97 sur 193·Livre complet →
Doulcin, quand quelquefois je voy ces pauvres filles
Qui ont le diable au corps, ou le semblent avoir,
D’une horrible façon corps et teste mouvoir,
Et faire ce qu’on dit de ces vieilles Sibylles :
Quand je voy les plus forts se retrouver debiles,
Voulant forcer en vain leur forcené pouvoir :
Et quand mesme j’y voy perdre tout leur sçavoir
Ceux qui sont en vostre art tenus des plus habiles :
Quand effroyablement escrier je les oy,
Et quand le blanc des yeux renverser je leur voy,
Tout le poil me herisse, et ne sçay plus que dire.
Mais quand je voy un moyne avecque son Latin
Leur taster hault et bas le ventre et le tetin,
Ceste frayeur se passe, et suis contraint de rire.