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SONNET

Poésies, Stéphane Mallarmé (1899)·Texte intégral, poème 54 sur 57·Livre complet →

Quelle soie aux baumes de temps

Où la Chimère s’exténue

Vaut la torse et native nue

Que, hors de ton miroir, tu tends !

Les trous de drapeaux méditants

S’exaltent dans notre avenue :

Moi, j’ai la chevelure nue

Pour enfouir mes yeux contents.

Non ! La bouche ne sera sûre

De rien goûter à sa morsure

S’il ne fait, ton princier amant,

Dans la considérable touffe

Expirer, comme un diamant,

Le cri des Gloires qu’il étouffe.