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SONNET

Poésies, Stéphane Mallarmé (1899)·Texte intégral, poème 30 sur 57·Livre complet →

O si chère de loin et proche et blanche, si

Délicieusement toi, Mary, que je songe

À quelque baume rare émané par mensonge

Sur aucun bouquetier de cristal obscurci

Le sais-tu, oui ! pour moi voici des ans, voici

Toujours que ton sourire éblouissant prolonge

La même rose avec son bel été qui plonge

Dans autrefois et puis dans le futur aussi.

Mon cœur qui dans les nuits parfois cherche à s’entendre

Ou de quel dernier mot t’appeler le plus tendre

S’exalte en celui rien que chuchoté de sœur

N’étant, très grand trésor et tête si petite,

Que tu m’enseignes bien toute une autre douceur

Tout bas par le baiser seul dans tes cheveux dite.