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Poésies, Stéphane Mallarmé (1899)·Texte intégral, poème 39 sur 57·Livre complet →

Quand l’Ombre menaça de la fatale loi,

Tel vieux Rêve, désir et mal de mes vertèbres,

Affligé de périr sous les plafonds funèbres

Il a ployé son aile indubitable en moi.

Luxe, ô salle d’ébène où, pour séduire un roi

Se tordent dans leur mort des guirlandes célèbres,

Vous n’êtes qu’un orgueil menti par les ténèbres

Aux yeux du solitaire ébloui de sa foi

Oui, je sais qu’au lointain de cette nuit, la Terre

Jette d’un grand éclat l’insolite mystère

Sous les siècles hideux qui l’obscurcissent moins.

L’espace à soi pareil qu’il s’accroisse ou se nie

Roule dans cet ennui des feux vils pour témoins

Que c’est d’un astre en fête allumé le génie.