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SONNET

Poésies, Stéphane Mallarmé (1899)·Texte intégral, poème 41 sur 57·Livre complet →

Victorieusement fui le suicide beau

Tison de gloire, sang par écume, or, tempête !

O rire si là-bas une pourpre s’apprête

À ne tendre royal que mon absent tombeau.

Quoi ! de tout cet éclat pas même le lambeau

S’attarde, il est minuit, à l’ombre qui nous fête

Excepté qu’un trésor présomptueux de tête

Verse son caressé nonchaloir sans flambeau,

La tienne si toujours le délice ! la tienne

Oui seule qui du ciel évanoui retienne

Un peu de puéril triomphe en t’en coiffant

Avec clarté quand sur les coussins tu la poses

Comme un casque guerrier d’impératrice enfant

Dont pour te figurer il tomberait des roses.