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Acte IV

Scène 7

Le Tartuffe, Molière (1664)·Texte intégral, scène 24 sur 33·Livre complet →

Tartuffe, Elmire, Orgon.

Tartuffe, sans voir Orgon.

Tout conspire, madame, à mon contentement.

J’ai visité de l’œil tout cet appartement.

Personne ne s’y trouve ; et mon âme ravie…

(Dans le temps que Tartuffe s’avance les bras ouverts pour embrasser Elmire, elle se retire, et Tartuffe aperçoit Orgon.)

Orgon, arrêtant Tartuffe.

Tout doux ! vous suivez trop votre amoureuse envie,

Et vous ne devez pas vous tant passionner,

Ah ! ah ! l’homme de bien, vous m’en voulez donner !

Comme aux tentations s’abandonne votre âme !

Vous épousiez ma fille, et convoitiez ma femme !

J’ai douté fort longtemps que ce fût tout de bon,

Et je croyais toujours qu’on changerait de ton ;

Mais c’est assez avant pousser le témoignage :

Je m’y tiens, et n’en veux, pour moi, pas davantage.

Elmire, à Tartuffe

C’est contre mon humeur que j’ai fait tout ceci ;

Mais on m’a mise au point de vous traiter ainsi.

Tartuffe, à Orgon.

Quoi ! vous croyez… ?

Orgon

Allons, point de bruit, je vous prie,

Dénichons de céans, et sans cérémonie.

Tartuffe

Mon dessein…

Orgon

Ces discours ne sont plus de saison ;

Il faut, tout sur-le-champ, sortir de la maison.

Tartuffe

C’est à vous d’en sortir, vous qui parlez en maître.

La maison m’appartient, je le ferai connaître,

Et vous montrerai bien qu’en vain on a recours,

Pour me chercher querelle, à ces lâches détours ;

Qu’on n’est pas où l’on pense en me faisant injure ;

Que j’ai de quoi confondre et punir l’imposture,

Venger le ciel qu’on blesse, et faire repentir

Ceux qui parlent ici de me faire sortir.