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Acte II

Scène II

Les Femmes savantes, Molière (1672)·Texte intégral, scène 5 sur 27·Livre complet →

Chrysale, Ariste

Ariste

Ah, Dieu vous gard’, mon frère.

Chrysale

Et vous aussi.

Mon Frère.

Ariste

Savez-vous ce qui m’amène ici ?

Chrysale

Non ; mais, si vous voulez, je suis prêt à l’apprendre.

Ariste

Depuis assez longtemps vous connaissez Clitandre ?

Chrysale

Sans doute, et je le vois qui fréquente chez nous.

Ariste

En quelle estime est-il, mon Frère, auprès de vous ?

Chrysale

D’Homme d’honneur, d’esprit, de cœur, et de conduite,

Et je vois peu de Gens qui soient de son mérite.

Ariste

Certain désir qu’il a, conduit ici mes pas,

Et je me réjouis que vous en fassiez cas.

Chrysale

Je connus feu son Père en mon voyage à Rome.

Ariste

Fort bien.

Chrysale

C’était, mon Frère, un fort bon Gentilhomme.

Ariste

On le dit.

Chrysale

Nous n’avions alors que vingt-huit ans,

Et nous étions, ma foi, tous deux de Verts-Galants.

Ariste

Je le crois.

Chrysale

Nous donnions chez les Dames Romaines,

Et tout le Monde là parlait de nos fredaines ;

Nous faisions des Jaloux.

Ariste

Voilà qui va des mieux :

Mais venons au sujet qui m’amène en ces lieux.