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ARIETTES OUBLIÉES · 1

C’est l’extase langoureuse

Romances sans paroles, Paul Verlaine (1874)·Texte intégral, poème 1 sur 19·Livre complet →

Le vent dans la plaine
Suspend son haleine.
— Favart.

C’est l’extase langoureuse,

C’est la fatigue amoureuse,

C’est tous les frissons des bois

Parmi l’étreinte des brises,

C’est, vers les ramures grises,

Le chœur des petites voix.

O le frêle et frais murmure !

Cela gazouille et susurre (susure),

Cela ressemble au cri doux

Que l’herbe agitée expire…

Tu dirais, sous l’eau qui vire,

Le roulis sourd des cailloux.

Cette âme qui se lamente

En cette plainte dormante,

C’est la nôtre, n’est-ce pas ?

La mienne, dis, et la tienne,

Dont s’exhale l’humble antienne

Par ce tiède soir, tout bas ?