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PAYSAGES BELGES

BRUXELLES — SIMPLES FRESQUES

Romances sans paroles, Paul Verlaine (1874)·Texte intégral, poème 11 sur 19·Livre complet →

1

La fuite est verdâtre et rose

Des collines et des rampes,

Dans un demi-jour de lampes

Qui vient brouiller toute chose.

L’or sur les humbles abîmes,

Tout doucement s’ensanglante,

Des petits arbres sans cimes,

Où quelque oiseau faible chante.

Triste à peine tant s’effacent

Ces apparences d’automne.

Toutes mes langueurs rêvassent,

Que berce l’air monotone.

2

L’allée est sans fin

Sous le ciel, divin

D’être pâle ainsi !

Sais-tu qu’on serait

Bien sous le secret

De ces arbres-ci ?

Des messieurs bien mis,

Sans nul doute amis

Des Royers-Collards,

Vont vers le château.

J’estimerais beau

D’être ces vieillards.

Le château, tout blanc

Avec, à son flanc,

Le soleil couché.

Les champs à l’entour…

Oh ! que notre amour

N’est-il là niché !

Estaminet du Jeune Renard, août 1872.