LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CLXXVII
Si la vertu, qui est de nature immortelle
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 177 sur 193·Livre complet →
Si la vertu, qui est de nature immortelle,
Comme immortelles sont les semences des cieux,
Ainsi qu’à nos esprits, se monstroit à nos yeux,
Et nos sens hebetez estoient capables d’elle,
Non ceux-là seulement qui l’imaginent telle,
Et ceulx ausquels le vice est un monstre odieux,
Mais on verroit encor les mesmes vicieux
Épris de sa beauté, des beautez la plus belle.
Si tant aimable donc seroit ceste vertu
À qui la pourroit voir, Vineux, t’esbahis-tu
Si j’ay de ma Princesse au cœur l’image empreinte ?
Si sa vertu j’adore, et si d’affection
Je parle si souvent de sa perfection,
Veu que la vertu mesme en son visage est peinte ?