LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CLXXVIII
Quand d’une douce ardeur doucement agité
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 178 sur 193·Livre complet →
Quand d’une douce ardeur doucement agité
J’userois quelque fois en louant ma Princesse
Des termes d’adorer, de celeste ou Deesse,
Et ces tiltres qu’on donne à la Divinité,
Je ne craindrois, Melin, que la posterité
Appellast pour cela ma Muse flateresse :
Mais en louant ainsi sa royale hautesse,
Je craindrois d’offenser sa grande humilité.
L’antique vanité avecques tels honneurs
Souloit idolâtrer les Princes et Seigneurs :
Mais le Chrestien qui met ces termes en usage,
Il n’est pas pour cela idolâtre ou flateur :
Car en donnant de tout la gloire au Createur,
Il louë l’ouvrier mesme, en louant son ouvrage.