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LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CLXXXVI

La jeunesse, Du-val, jadis me fit escrire

Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 186 sur 193·Livre complet →

La jeunesse, Du-val, jadis me fit escrire

De cest aveugle archer, qui nous aveugle ainsi,

Puis fasché de l’Amour, et de sa mere aussi,

Les louanges des Rois j’accorday sur ma lire.

Ores je ne veux plus tels argumens eslire,

Ains je veux comme toy point d’un plus haut souci,

Chanter de ce grand Roy, dont le grave sourci

Fait trembler le celeste et l’infernal Empire.

Je veux chanter de Dieu, mais pour bien le chanter,

Il faut d’un avant-jeu ses louanges tenter,

Loüant, non la beauté de ceste masse ronde,

Mais ceste fleur, qui tient encor’ un plus beau lieu :

Car comme elle est, Du-val, moins parfaite que Dieu,

Aussi l’est elle plus que le reste du monde.