LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CVII
Où que je tourne l’œil, soit vers le Capitole
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 107 sur 193·Livre complet →
Où que je tourne l’œil, soit vers le Capitole,
Vers les bains d’Antonin, ou Diocletien,
Et si quelqu’œuvre encor dure plus ancien
De la porte Saint Pol jusques à Ponte-Mole :
Je deteste àpart-moy ce vieil Faucheur, qui vole,
Et le Ciel, qui ce tout a reduit en un rien :
Puis songeant que chacun peut repeter le sien,
Je me blasme, et cognois que ma complainte est fole.
Aussi seroit celuy par trop audacieux,
Qui voudroit accuser ou le Temps ou les Cieux,
Pour voir une medaille, ou colonne brisee.
Et qui sçait si les Cieux referont point leur tour,
Puis que tant de Seigneurs nous voyons chacun jour
Bastir sur la Rotonde, et sur le Collisee?