LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CVIII
Je fuz jadis Hercule, or Pasquin je me nomme
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 108 sur 193·Livre complet →
Je fuz jadis Hercule, or Pasquin je me nomme,
Pasquin fable du peuple, et qui fais toutefois
Le mesme office encor que j’ay fait autrefois,
Veu qu’ores par mes vers tant de monstres j’assomme.
Aussi mon vray mestier c’est de n’espargner homme,
Mais les vices chanter d’une publique voix :
Et si ne puis encor, quelque fort que je sois,
Surmonter la fureur de cet Hydre de Rome.
J’ai porté sur mon col le grand Palais des Dieux,
Pour soulager Atlas, qui sous le faiz des cieux
Courboit las et recreu sa grande eschine large.
Ores au lieu du ciel, je porte sur mon dos
Un gros moyne Espagnol, qui me froisse les os,
Et me poise trop plus que ma premiere charge.