LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CXC
Dessous ce grand François, dont le bel astre luit
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 190 sur 193·Livre complet →
Dessous ce grand François, dont le bel astre luit
Au plus beau lieu du ciel, la France fut enceinte
Des lettres et des arts, et d’une troppe sainte
Que depuis sous Henry feconde elle a produit :
Mais elle n’eut plus tost fait monstre d’un tel fruit,
Et plutôt ce beau part n’eut la lumière attainte,
Que je ne sçay comment sa clairté fut estainte,
Et vid en mesme temps et son jour et sa nuict.
Helicon est tary, Parnasse est une plaine,
Les lauriers sont seichez, et France autrefois pleine
De l’esprit d’Apollon ne l’est plus que de Mars.
Phœbus s’en fuit de nous, et l’antique ignorance
Sous la faveur de Mars retourne encore en France,
Si Pallas ne deffend les lettres et les arts.