LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CXII
Quand je voy ces Seigneurs, qui l’espee et la lance
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 112 sur 193·Livre complet →
Quand je voy ces Seigneurs, qui l’espee et la lance
Ont laissé pour vestir ce saint orgueil Romain,
Et ceux-là, qui ont pris le baston en la main,
Sans avoir jamais fait preuve de leur vaillance :
Quand je les vois, Ursin, si chiches d’audience,
Que souvent par quatre huiz on la mendie en vain :
Et quand je voy l’orgueil d’un Camerier hautain,
Lequel feroit à Job perdre la patience :
Il me souvient alors de ces lieux enchantez,
Qui sont en Amadis, et Palmerin chantez,
Desquels l’entree estoit si cherement vendue.
Puis je dis : ô combien le Palais que je voy
Me semble different du Palais de mon Roy,
Où l’on ne trouve point de chambre deffendue !