LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CXI
Je n’ai jamais pensé que ceste voute ronde
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 111 sur 193·Livre complet →
Je n’ai jamais pensé que ceste voute ronde
Couvrist rien de constant : mais je veux desormais,
Je veux, mon cher Morel, croire plus que jamais,
Que dessous ce grand Tout rien ferme ne se fonde,
Puisque celuy qui fut de la terre et de l’onde
Le tonnerre et l’effroy, las de porter le faiz,
Veut d’un cloistre borner la grandeur de ses faicts,
Et pour servir à Dieu abandonner le monde.
Mais quoy ? que dirons-nous de cet autre vieillard,
Lequel ayant passé son âge plus gaillard
Au service de Dieu, ores Cesar imite ?
Je ne sçay qui des deux est le moins abusé :
Mais je pense, Morel, qu’il est fort mal aisé,
Que l’un soit bon guerrier, ni l’autre bon hermite.