LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CXVII
Celuy vrayement estoit et sage, et bien appris
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 117 sur 193·Livre complet →
Celuy vrayement estoit et sage, et bien appris,
Qui cognoissant du feu la semence divine
Estre des Animans la premiere origine
De substance de feu dit estre nos esprits.
Le corps est le tison de ceste ardeur espris,
Lequel, d’autant qu’il est de matiere plus fine,
Fait un feu plus luisant, et rend l’esprit plus digne
De monstrer ce qui est en soy-mesme compris.
Ce feu donques celeste, humble de sa naissance,
S’esleve peu-à-peu au lieu de son essence,
Tant qu’il soit parvenu au poinct de sa grandeur :
Adonc il diminue, et sa force lassee,
Par faute d’aliment en cendres abbaissee,
Sent faillir tout à coup sa languissante ardeur.