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LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CXXXV

La terre y est fertile, amples les edifices

Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 135 sur 193·Livre complet →

La terre y est fertile, amples les edifices,

Les poelles bigarrez, et les chambres de bois,

La police immuable, immuables les loix,

Et le peuple ennemi de forfaits et de vices.

Ils boivent nuict et jour en Bretons et Suisses,

Ils sont gras et refaits, et mangent plus que trois :

Voilà les compagnons et correcteurs des Rois,

Que le bon Rabelais a surnommez Saucisses.

Ils n’ont jamais changé leurs habits et façons,

Ils hurlent comme chiens leurs barbares chansons,

Ils comptent à leur mode, et de tout se font croire :

Ils ont force beaux lacs et force sources d’eau,

Force prez, force bois. J’ay du reste, Belleau,

Perdu le souvenir, tant ils me firent boire.