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LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CXXXVII

Scève, je me trouvay comme le fils d’Anchise

Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 137 sur 193·Livre complet →

Scève, je me trouvay comme le fils d’Anchise

Entrant dans l’Elysee, et sortant des enfers,

Quand apres tant de monts de neiges tout couverts

Je vy ce beau Lyon, Lyon que tant je prise.

Son estroite longueur, que la Sône divise,

Nourrit mille artisans, et peuples tous divers :

Et n’en déplaise à Londre, à Venise, et Anvers,

Car Lyon n’est pas moindre en fait de marchandise.

Je m’estonnay d’y voir passer tant de courriers,

D’y voir tant de banquiers, d’imprimeurs, d’armuriers,

Plus dru que l’on ne voit les fleurs par les prairies.

Mais je m’estonnay plus de la force des ponts,

Dessus lesquelz on passe, allant delà les monts,

Tant de belles maisons, et tant de metairies.