LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · CXXXVIII
De-vaux, la mer reçoit tous les fleuves du monde
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 138 sur 193·Livre complet →
De-vaux, la mer reçoit tous les fleuves du monde,
Et n’en augmente point : semblable à la grand’mer
Est ce Paris sans pair, où l’on voit abysmer
Tout ce qui là dedans de toutes parts abonde.
Paris est en sçavoir une Grece feconde,
Une Rome en grandeur Paris on peut nommer,
Une Asie en richesse on le peut estimer,
En rares nouveautez une Afrique seconde.
Bref, en voyant, De-vaux, ceste grande cité,
Mon œil, qui paravant estoit exercité
À ne s’esmerveiller des choses plus estranges,
Print esbaïssement. Ce qui ne me peut plaire,
Ce fut l’estonnement du badaud populaire,
La presse des chartiers, les procez, et les fanges.