LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · LVII
Ce pendant que tu suis le lievre par la plaine
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 57 sur 193·Livre complet →
Ce pendant que tu suis le lievre par la plaine,
Le sanglier par les bois, et le milan par l’air,
Et que voyant le sacre, ou l’espervier voler,
Tu t’exerces le corps d’une plaisante peine,
Nous autres malheureux suivons la court Romaine,
Où, comme de ton temps, nous n’oyons plus parler
De rire, de sauter, de danser, et baller,
Mais de sang, et de feu, et de guerre inhumaine.
Pendant, tout le plaisir de ton Gorde, et de moy,
C’est de te regretter, et de parler de toy,
De lire quelque autheur, ou quelque vers escrire.
Au reste (mon Dagaut) nous n’esprouvons ici
Que peine, que travail, que regret, et souci
Et rien, que le Breton, ne nous peut faire rire.