LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · LXVI
Ne t’esmerveille point que chacun il mesprise
Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 66 sur 193·Livre complet →
Ne t’esmerveille point que chacun il mesprise,
Qu’il dedaigne un chacun, qu’il n’estime que soy,
Qu’aux ouvrages d’autruy il vueille donner loy,
Et comme un Aristarq luy mesme s’auctorise.
Paschal, c’est un pedant’ : et quoy qu’il se desguise,
Sera tousjours pedant’, un pedant et un roy
Ne te semblent ils pas avoir je ne sçay quoy
De semblable, et que l’un à l’autre symbolise ?
Les sujects du pedant’ ce sont ses escholiers,
Ses classes, ses estats, ses regens officiers :
Son college (Paschal) est comme sa province.
Et c’est pourquoy jadis le Syracusien,
Ayant perdu le nom de roy Sicilien,
Voulut estre pedant’, ne pouvant estre prince.