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LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · X

Ce n’est le fleuve Thusque au superbe rivage

Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 10 sur 193·Livre complet →

Ce n’est le fleuve Thusque au superbe rivage,

Ce n’est l’air des Latins ni le mont Palatin,

Qui ores (mon Ronsard) me fait parler Latin,

Changeant à l’estranger mon naturel langage :

C’est l’ennuy de me voir trois ans, et d’avantage,

Ainsi qu’un Promethé, cloué sur l’Aventin,

Où l’espoir miserable et mon cruel destin,

Non le joug amoureux, me detient en servage.

Et quoy (Ronsard), et quoy, si au bord estranger,

Ovide osa sa langue en barbare changer,

Afin d’estre entendu, qui me pourra reprendre

D’un change plus heureux ? nul, puisque le François,

Quoy qu’au Grec et Romain egalé tu te sois,

Au rivage Latin ne se peut faire entendre.