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LES REGRETS DE JOACHIM DU BELLAY ANGEVIN · XC

Ne pense pas, Bouju, que les Nymphes Latines

Les Regrets, Joachim du Bellay (1558)·Texte intégral, poème 90 sur 193·Livre complet →

Ne pense pas, Bouju, que les Nymphes Latines

Pour couvrir leur traison d’une humble privauté,

Ni pour masquer leur teint d’une fausse beauté,

Me facent oublier nos Nymphes Angevines.

L’Angevine douceur, les paroles divines,

L’habit qui ne tient rien de l’impudicité ;

La grâce, la jeunesse, et la simplicité,

Me desgoutent, Bouju, de ces vieilles Alcines.

Qui les voit par dehors, ne peut rien voir plus beau,

Mais le dedans ressemble au dedans d’un tombeau,

Et si rien entre nous moins honneste se nomme.

Ô quelle gourmandise ! ô quelle pauvreté !

Ô quelle horreur de voir leur immondicité !

C’est vraiment de les voir le salut d’un jeune homme.